Nous avons profité de la venue de Mme Kosciusko Morizet,secrétaire d'état à l'écologie à Yvetôt, pour la remise des Eco-Trophés du Parc des Boucles de la Seine.
En effet, nous lui avons donné un dossier relativement succinct concernant le problème d'un futur CSDU dans notre environnement, accompagné d'une lettre de présentation dont voici une copie.
Le 30 novembre 2007,
Madame KOSCIUSKO-MORIZET
Secrétaire d’état à l’écologie
Madame,
Nous sollicitons votre appui sur un sujet d’actualité qui concerne l’environnement, l’équilibre du développement durable et par conséquent l’avenir de nos enfants.
La société ETARES a le projet d’implanter un gigantesque Centre de Stockage de Déchets Ultimes de classe II ( 60 ha), au cœur de trois villages, à moins de 300 mètres d’une ceinture dense d’habitations et à 500 m des Ecoles, sur un plateau agricole fertile.
Ce sont 3000 habitants dans un rayon d’1 Kilomètre et 20 000 à moins de 8 Kilomètres qui sont concernés.
Les risques sanitaires, écologiques et humains nous amènent à agir tout en recherchant des solutions alternatives, dans la légalité et de manière structurée. Le flou de la notion actuelle de déchet ultime semble laisser place à toutes les pratiques.
Nous connaissons votre attachement au principe de précaution et de ce point de vue le projet ETARES nous semble un cas d’école, dans la négation de toutes les politiques sanitaire, environnementale et humaine.
Vous trouverez ci joint un document synthétisant les éléments que nous avons collectés, notre site internet www.enfants-grenelle.com peut également vous apporter des informations sur notre démarche.
Dans l’attente de vous lire, veuillez recevoir Madame, nos respectueuses salutations.
Le Président
Sébastien SOMON
« Les enfants du grenelle »
Association de défense
contre l’implantation d’un
Centre de Stockage de Déchets Ultimes
Et pour
des Propositions Alternatives.
« Chronique d’un projet contre nature »
Le choc : 60 hectares, 25 mètres de haut, 6 millions de m3, un ballet de camions.
Les habitants de 3 communes périphériques de l’agglomération Havraise ont découvert ce projet lors d’un conseil municipal de La Remuée fin octobre 2007 où les représentants de la société ETARES sont venus présenter leur avant projet.
Seul le maire de ce village avait engagé des discussions avec ce groupe. Aucun autre élus n’a été informé d’un tel projet, que ce soit au niveau des 2 autres communes, des communautés de communes de Saint Romain de Colbosc et de l’agglomération Havraise , du conseiller général du canton (membre de la CLIS siégeant à ETARES !) ou du député.
Le contexte :
ETARES (éco centre de traitement actif des résidus solides) détenue à 34 % par le Port Autonome du Havre exploite notamment un centre d’enfouissement de classe II de 17 ha sur la zone industrielle du Havre. Ce site se remplit beaucoup plus vite que prévu, les déchets admis ne sont généralement pas ultimes comme indiqués par ETARES sur son site Internet, et viennent parfois de très loin comme l’a confirmé un membre de la CLIS et comme le suggère la présence d’un transporteur de Seine et Marne au capital d’ETARES. Les résultats financiers sont excellents et les réserves confortables.
Le port, propriétaire de ces zones industrielles inhabitées et parfois en friche industrielle, souhaite conserver ces terrains disponibles pour de nouvelles industries et plateforme logistiques. Il souhaite donc voir cette verrue peu valorisante poursuivre ses activités ailleurs qu’à proximité de tous les moyens de transport disponibles (notamment fluvial et ferroviaire) et des sites de production de ces déchets.
C’est donc par simplicité que l’exploitant projette l’implantation au milieu des villages, avec comme seul accès une route déjà à saturation, une zone définie dans le SCOT comme zone verte où l’activité agricole et la ruralité doivent dominer, en contradiction avec les POS en vigueur et sans la moindre concertation , au mépris des risques sanitaires évidents, de pollution de l’air (biogaz) , du sol (plateau crayeux instable), du réseau hydrologique très sensible à cet endroit et du respect de l’intégrité des personnes et des biens.
Est-ce par simplicité que les donneurs d’ordre ne s’engagent pas dans des politiques volontaristes de valorisation des déchets, et dans la rédaction du nouveau plan départemental d’élimination des déchets en révision depuis plus de 3 ans ?
Pourtant les réponses à ces deux questions permettraient d’estimer la pertinence d’une telle dimension de CSDU de classe II à cet endroit.
L’exploitant ne souhaite sans doute pas attendre ces réponses bien que des solutions alternatives existent.
Informations :
Sur les 300-450kgs de déchets que chaque citoyen produit annuellement, et malgré le tri sélectif ou le recyclage, il y aura toujours des déchets ultimes.
Ce sont les déchets industriels "banals" (DIB) représentant
essentiellement les sous-produits non valorisables de la filière de traitement,
ou bien simplement les "encombrants" que chacun est régulièrement
appelé à déposer sur son trottoir. Ces déchets, pour l'essentiel relativement
inoffensifs et inertes, doivent être finalement enfouis.
Le principe des Centres de Stockage de Déchets Ultimes de classe II n'a que
très peu à voir avec une telle description.
En effet, la notion de "déchet ultime" a été rendue malencontreusement floue afin de permettre de stocker tout et n'importe quoi et éviter la prolifération des décharges sauvages.
Définition de Déchets Ultimes : "Déchet résultant ou non d'un
traitement de déchet, non susceptible d'être traité dans les conditions
techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la
part valorisable ni par réduction de son caractère polluant ou dangereux."
Les opportunes "conditions techniques et économiques du moment", dont
on s'interroge toujours sur la définition précise, permettent donc enfin
légalement d'enfouir des déchets polluants et dangereux, ainsi que de rajouter
au catalogue de ces fameux "déchets ultimes", un certain nombre de
déchets fermentescibles, dont les ordures ménagères (OM).
Les OM, qui avaient vocation à être incinérées à 100% pour un traitement propre
et non polluant (selon des normes aujourd'hui très strictes), se retrouvent
maintenant pour une bonne moitié entassées ad vitam æternam dans les
CSDU, produisant pendant plusieurs décennies les infâmes lixiviats et biogaz,
aussi polluants que sanitairement dangereux.
A écouter les protagonistes des CSDU de classe II, il s'agirait d'un bon
compromis entre les deux solutions (incinération + enfouissement). Toute inquiétude
sanitaire ne relèverait que de l'ignorance ou de l'affabulation, compte tenu de
la (soi-disant) haute technicité déployée pour garantir les risques. Par ailleurs,
le stockage à la "pot pourri" - tous déchets confondus ou presque -
est pour l'exploitant privé aussi simple à mettre en oeuvre qu'économiquement
juteux, une forme de rente de situation durable.
Heureusement que les professionnels de la filière du traitement des déchets ne
se ressemblent pas tous. Il en est qui voient plus loin, et qui refusent de
capitaliser sur le concept dépassé des conditions techniques/économiques du
"moment", et qui depuis des années se sont mis en quête de solutions
alternatives.
La thermolyse :
Il y a le principe de la thermolyse, terme générique qui regroupe divers procédés similaires. La thermolyse permet de réduire les OM, les DIB et même d'autres types de déchets spéciaux (pneus et broyage automobile, déchets électroniques, résidus hospitaliers, carcasses, refus de tri..) à des substances inertes ou valorisables, tout en produisant de l'énergie. Elle représente une véritable révolution comme un tournant décisif dans l'histoire du domaine.
Le nom signifie étymologiquement "séparation des éléments par la chaleur". Le terme souvent employé comme équivalent de pyrolyse ("séparation par le feu") est moins exact. Le principe de base de la thermolyse est celui d'une combustion des déchets sans flamme, c'est à dire en l'absence d'oxygène, comme dans la fabrication ancestrale du charbon de bois.
La méthanisation ou le processus industriel de la fabrication de biogaz :
La méthanisation est la
production d'un gaz à haute teneur en méthane qui provient de la décomposition
biologique des matières organiques.
La production industrielle de biogaz consiste à stocker la matière organique
(en l'espèce les déchets) dans une cuve hermétique ou
" digesteur ", ou " méthaniseur ", dans
laquelle les matières organiques sont soumises à l'action des bactéries. Un
brassage des matières, éventuellement un apport d'eau, mais surtout un
chauffage, accélèrent la fermentation et la production de gaz qui dure environ
deux semaines.
Sur le plan énergétique, une tonne de déchets méthanisés produit 300 kW utilisés en électricité, 300 kW en énergie thermique (la proportion entre valorisation thermique et valorisation énergétique dépendant évidemment du contexte local). Une usine traitant 110.000 tonnes produit 10.000 m3 de biogaz par jour, soit l'équivalent de 2,4 millions de litres de fuel par an.
Plan d’implantation du CSD, recueilli au conseil Municipal de La Remuée du 24 Octobre 2007 Objet : implantation d’un centre de stockage de déchets de produits industriels.